Les encres ferriques

Les Encres Ferriques


Encres ferriques artisanales


Il existe d’innombrables recettes d’encres ferriques. La première recette décrivant une encre de ce type est celle trouvée sur le Papyrus V de Leyde (source wikipedia) datant du IIIe siècle de notre ère. La recette qui y est  écrite est la suivante : ” 1 drachme de myrrhe, 4 drachmes de misy,  4 drachmes de vitriol, 2 drachmes de noix de galle, 3 drachmes de gomme”.

Que les tanins proviennent de la noix de galle ou d’un bois comme celui du campêche, il faudra aussi ajouter deux autres éléments fondamentaux :  la  gomme arabique et le sulfate de fer ou de cuivre. Bien entendu, l’eau de pluie ou déminéralisée en est une composante essentielle également.

Ces encres sont indélébiles et sortent assez grises de la plume mais noircissent de manière plus ou moins intense à l’air avec le temps. Après plusieurs années, cette encre vire au brun foncé, parfois même à l’ocre rouge selon le dosage des ingrédients qui la composent. Puis, après plusieurs dizaines d’années, elle prend de belles nuances d’oxyde de fer (comme les peintures rupestres).

De plus, en s’appropriant une recette, on pourra gérer la viscosité de l’encre en fonction de l’inclinaison du support d’écriture et / ou de l’outil utilisé.  L’encre est créée de manière à ce qu’elle descende régulièrement de la plume jusqu’au parchemin et non pas d’un seul coup.

Pour obtenir un noir immédiat encore plus intense, on pourra ajouter du noir de fumée broyé très finement. L’encre aura un rendu noir mat très puissant. Ce mélange ferro-gallique avec du noir de fumée s’appelait “l’Encre d’Orient“. Une dernière encre est a citer : “l’Encre d’Archive” grâce à sa solidité et son noir intense.


Dans un autre article, je montre comment réaliser la recette de François Dorvault publiée en 1886, qui est base de noix de galle.

Recette encre gallo-ferrique de François Dorvault


Les Ingrédients

Par exemple, je fabrique mes encres ferriques avec de la noix de galle, avec du vinaigre, avec du vin blanc, ou bien avec de la peau de grenade. Toutes ces encres que le studio produit ont un rendu bien spécifique. L’encre à la peau de grenade tire un peu sur un violet bleuté très léger. Celle au vinaigre est très foncée en sortie de plume par exemple.

La noix de galle : La galle du chêne est une excroissance produite par les piqûres de l’insecte Cynips gallae tinctoriae sur les feuilles et les jeunes pousses. Si vous voyez un trou sur la noix c’est que la larve s’est métamorphosée est s’est envolée. Sinon, vous y trouverez un asticot. La noix est de meilleure qualité si la larve est encore présente.

La peau de grenade : La grenade est le fruit du grenadier. On tire de la peau de ce fruit un principe colorant de couleur jaune.  Le jus pur de la peau est relativement pale. Si on rajoute de l’alun à ce jus, il prend des tons orangés et avec l’ajout du sulfate de fer, il devient d’un brun foncé.

Le vinaigre de vin : Liquide provenant du vin ou d’une solution alcoolisée modifiés par fermentation, utilisé comme assaisonnement, comme condiment et aussi comme ingrédient pour la fabrication de l’encre. Les résultats obtenus avec du vinaigre balsamique sont aussi satisfaisants.

A ce mélange d’eau de pluie ou d’eau déminéralisée et de tanins, j’ajoute un sulfate de fer ou de cuivre, de la gomme arabique et un agent conservateur comme l’essence de clou de girofle (huile essentielle du Giroflier) ou de l’acide salicylique / acide phénique (agit comme antiseptique).

Le sulfate de fer : Il va servir d’additif pour purifier les encres. C’est grâce à son ajout que la préparation vire au noir. Exposé à l’air il se couvre d’oxyde de fer (cf. plus haut – les peintures rupestres).  Il était nommé autrefois “vitriol bleu“.

Le sulfate de cuivre :  Ce sulfate, pour ce qui nous intéresse, va avoir la même utilisation que le sulfate de fer. Cependant, il est plus corrosif que ce dernier. Je ne le conseille pas pour les plumes métalliques. Il était nommé autrefois “vitriol vert“.

La gomme arabique : La gomme arabique est produite naturellement sur le tronc  d’arbres de la famille des acacias. Elle a une multitude d’applications dans divers domaines. Ici, elle va permettre gérer la fluidité du mélange et aussi de donner un côté brillant à l’encre.

Le clou de girofle : Il va agir comme antiseptique et aider à éviter les moisissures.

L’acide salicylique ou l’acide phénique  : Il vont aussi agir comme antiseptique.


Le mot de la fin

Les recettes les plus simples sont accessibles. Alors n’hésitez pas à tenter de faire la vôtre. Au fil des expérimentations, vous trouverez le dosage parfait de chaque ingrédients et ferez sûrement quelques petites expériences ! Partagez-nous une photo de votre encre faite maison.


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