Encre ferrique François Dorvault

Recette Encre Ferrique François Dorvault


François Dorvault


Introduction : François Dorvault, précurseur de la pharmacie moderne. Dorvault naquit à Saint-Etienne–de-Montluc, à l’époque de la Première Restauration. Issu d’un milieu modeste, il fut placé en apprentissage chez un pharmacien de Nantes. Voici la recette d’encre ferrique publiée dans l’Officine.


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Un peu d’histoire

François Dorvault, précurseur de la pharmacie moderne.

Dorvault naquit à Saint-Etienne–de-Montluc, à l’époque de la Première Restauration. Issu d’un milieu modeste, il fut placé en apprentissage chez un pharmacien de Nantes. Avide de connaissances il décida de faire ses études de pharmacie à Paris.

Brillamment reçu au concours de l’internat, il installa son officine place des Victoires à Paris et entama des travaux sur la préparation du sirop antiscorbutique et la distillation de la salsepareille (parfois appelée liseron épineux).

Au XIXe siècle, la pharmacie se cherchait : le pharmacien d’officine avait un rôle social à jouer comme propagateur du progrès scientifique et comme éducateur sanitaire. Dorvault fut un des premiers à pressentir ce rôle, mais il eut conscience des insuffisances de l’enseignement dans ce domaine.

C’est ainsi que prit naissance le projet d’un livre qui rassemblerait tous les ouvrages nécessaires à l’exercice de la pharmacie. La première édition de l’Officine ou Répertoire général de la pharmacie pratique, fut publiée en 1844, et durant plus d’un siècle et demi son succès ne se démentit pas.

Source 


Les ingrédients de la recette

Proportions originales pour 5 l d’encre :
500 g de noix de galle
250 g de sulfate de fer
250 g de gomme arabique
8 l d’eau de pluie filtrée
Conservateur (clou de girofle ou autre – facultatif)
Proportions réduites pour 25 cl d’encre :
20 g de noix de galle
10 g de sulfate de fer
10 g de gomme arabique
32 cl d’eau de pluie filtrée
Conservateur (clou de girofle ou autre – facultatif)

La recette originale de Mr. Dorvault


“Jetez l’eau bouillante sur les noix concassées. Passez après 24 heures, et ajoutez le sulfate et la gomme. On y ajoute quelquefois une essence pour mettre l’encre à l’abri des moisissures.”


Décryptage

Voyons comment nous pouvons décrypter cette recette ensemble et pas à pas.

1 – “Jetez l’eau bouillante sur les noix concassées.” : Concasser plus ou moins grossièrement vos noix de galle dans un mortier pilon par exemple. Plus les noix sont concassées finement et moins nous aurons besoin de temps pour que la macération soit effective. Une fois prêtes, je verse l’eau bouillante sur les noix.

LA PETITE ASTUCE DE PHILIPPE : Je mets les noix de galle dans un torchon que je frappe contre un mur. Les noix se cassent en parties assez grosses. Ensuite je tape sur ces morceaux avec un marteau et au travers du torchon. Je termine par concasser en plus petits morceaux dans mon mortier pilon.

2 – “Passez après 24 heures,” : Autrement dit, filtrez la solution après 24 heures de macération. La macération va faire sortir les tanins des noix de galle et une fois filtrée, nous auront un “jus tannique” de noix de galle.

LA PETITE ASTUCE DE PHILIPPE : J’utilise un bas en nylon car les mailles sont fines et je peux les étirer au besoin. De plus, cela prend moins de place qu’une passoire ou un chinois par exemple et c’est facile à nettoyer.

3 – “et ajoutez le sulfate et la gomme” : Rien à dire ici. Il suffit de suivre la recette. On ajoute la gomme, puis le sulfate. C’est à ce moment que la solution va virer au noir. C’est assez sympa à voir d’ailleurs.

LA PETITE ASTUCE DE PHILIPPE : Si ma gomme arabique est en cristaux, je la prépare le même jour que les noix de galle en la broyant aussi finement que possible dans un mortier pilon. Puis, je la dissout dans très peu d’eau de pluie (ou eau déminéralisée). La gomme en poudre se dissoudra bien plus rapidement que celle en cristaux. Une fois dissoute, je la filtre aussi pour enlever les éventuelles impuretés.

4 – “On y ajoute quelquefois une essence pour mettre l’encre à l’abri des moisissures.” : Certaines huiles essentielles ont des vertus de conservation et de protection. Par exemple le giroflier. Cette opération est facultative.

LA PETITE ASTUCE DE PHILIPPE : Pour rester dans ma voie “du plus naturel possible”, j’ajoute un ou deux clous de girofle à ma préparation.


Le mot de la fin

Et voilà, on a fait une encre ferrique en suivant la recette de François Dorvault. Nous n’avons plus qu’à la tester en faisant de belles calligraphies. L’encre sortira grise foncée de la plume et atteindra sa teinte la plus noire avec le temps. Regardez bien, vous la verrez évoluer pour devenir bien noire.


Forum associéRECETTE ENCRE GALLO-FERRIQUE FRANÇOIS DORVAULT


Sources : L’Officine, ou répertoire général de pharmacie pratique, Asselin, Paris 1886 (première éd. 1844), p.1327.
Lien BNF – Bibliothèque Nationale de France

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